Soixantième jour – vol au-dessus d'un nid de pâquerettes folles

Publié le par Lulu de la Lune

Depuis deux jours Carla (le jeune), notre camarade-syndicaliste vendeur de parapluies, est très grippé. Ça n'a pas l'air bien grave, et je pensais que quelques bons grogs avec du rhum rapporté de la Petite île Formidable des Caraïbes par Ferdinando ferait l'affaire pour le remettre d'aplomb. Mais non, il continue dans le coaltar, malgré les soins appuyés de la vache Angela, qui lui a cédé sa chambre pour l'occasion (qu'elle avait choisie parce qu'elle avait bien aimé le papier peint représentant des scènes champêtres anglaises du dix-huitième siècle).

En voyant la (très) lointaine chair de sa chair dans cet état, son ancêtre Carla l'ancien (vous savez, le propriétaire de la Terre, qui l'avait déposée au clou de Yvonne Ma Tante, à la Mer de la Tranquillité, mais qui n'avait pas pu la reprendre parce qu'il avait perdu son portefeuille Voir Le taulier!), proposa à son descendant faiblichon de recevoir les soins d'un rebouteux intergalactique de sa connaissance.

Carla le jeune, aventurier de nature et plein de confiance dans son ancêtre, accepta en éternuant. Moi-même, j'étais assez curieux de voir ça, et puis ça pouvait toujours servir d'avoir un rebouteux intersidéral dans ses relations.

Ces aliènes, ils ont des moyens de transport incroyables !
On sait que Blingue-Blingue se passe langoureusement sa montre tape à l'oeil sur le corps en écoutant dans sa version longue la chanson du Titanic chantée par l'autre stidulatrice hystérique, tout en criant (Blingue-Blingue, pas la stidulatrice, quoi que...) sa destination (à tout va – c'est pas très discret – mais Blingue-Blingue ne brille pas vraiment par sa discrétion – c'est une drôle d'expression ça: briller par la discrétion), mais le rebouteux intergalactique faisait mieux encore :

son vaisseau spatial avait la forme d'une frégate de type Mistral pas terminée (si, si ! Je n'invente rien ! D'ailleurs, rien n'est inventé dans ce journal), parce qu'il aimait collectionner les artefacts symboliques de toute la galaxie, et que celui-là (la Frégate de type Mistral pas terminée) était un des plus récents symboles de la connerie, de la veulerie et de la lâcheté réunies. En tant que tel, évidemment, elle était en bonne place dans sa collec.

D'ailleurs, nous expliqua-t-il, la Terre lui avait fourni pas mal d'objets intéressants de sa collection : il y avait la pipette exhibée à l'ONU par un boute-feu de la Grande Puissance Nortuaire pour justifier la guerre, il y avait aussi une centrale nucléaire placée près de la mer dans un pays ravagé régulièrement par des tremblements de terre et des raz de marée, il y avait la semence stérile, pour obliger les agriculteurs à racheter des semences chaque année, tous symboles pathologiques parmi des milliers d'autres qui faisaient le ravissement des collectionneurs de la galaxie. En fait, la Terre en elle-même était un furieux symbole de la décadence à des années-lumières à la ronde (il y avait aussi un dentier, je ne sais pas pourquoi, qui me fit penser à la Petite Île Formidable des Caraïbes et à son système de santé publique et gratuit, sans doute le meilleur de la planète).

À la fin, sans doute pour nous remonter le moral, le rebouteux intersidéral sortit de sa poche revolver un oeillet et un petit poing fermé, 2 symboles – enfin ! - d'espoir ! (la vache Angela y vit aussi un 3ème: mais où? où?)

Et bien, figurez-vous que tout ça remit Carla le jeune d'aplomb. Vraiment fort, le rebouteux !

Et sitôt debout, notre camarade-syndicaliste vendeur de parapluies eut une incroyable idée : il emprunta un théâtre antique qu'Aristophane, un jour qu'il était fauché, avait mis au clou chez Yvonne Ma Tante (il paraît que c'était un fêtard, Aristophane, et ça coûte cher de faire la fête – mais c'est un peu des ragots quand même) et le plaça de manière à pouvoir bien observer la Terre et

SE MIT À VENDRE DES PLACES POUR LE SPECTACLE !

(c'est vrai que c'est une manière de trouver de l'argent pour les camarades, en plus du livre que vous pouvez acquérir et que les bénefs seront reversés auxdits camarades – parenthèse publicitaire)

Bon, la suite, à demain.

VOUS POUVEZ LAISSER UN COMMENTAIRE, IL SERA LU ATTENTIVEMENT PAR ANASTASIE, NOTRE FONCTIONNAIRE LA PLUS ZÉLÉE

Soixantième jour – vol au-dessus d'un nid de pâquerettes folles

Commenter cet article

Gorfou breizhou 24/10/2014 00:26

Oh la la sabre de bois voilà ben longtemps que je n' étais pion venu vous rendre visite.
Lulu de la Lune bonjour,
stidulatrice...Plus un bravo; me suis dit striduler peut-être comme le geai cajôle ou la souris chicottis... Et bien non, stidulatrice pur néologisme en direct live et de Sous les cratères. Tant mieux.
Après un long voyage je m' aperçois de la quantité d' articles dessins billets aventures et moult rebondissures que j' ai d^û louper. Existe-t-il un résumé/condensé quelque part pour s' y retrouver. Comment se portent vos ressources/sources d' eau potable.
Entendu sous la troposphère "On rationnalise. la vérité et le résultat c' est qu' ils rationnent.//
L' hydro-électrique patrimoine technologique du pays de France est en passe d' être vendu par les gouvernants putatifs aux financiers et "actionnaires"...Après les autoroutes les barrages... Ils vont vendre l' eau du ciel des montagnes l' eau de pluie l' eau de là-haut... ♫ Tout va très bien madame la marquise ♪
Le mot agent est de plus en plus en vogue. Salariés employés travailleurs ouvriers même infirmiers et ou instituteurs tout le monde est un agent et trouve ça merveilleux.
A tout bientôt Lulu. Et bonjour Anasthasie ☼

Lulu de la Lune 24/10/2014 05:48

Re-bienvenu, camarade breizhonneg,
tu en as perdu, des aventures lunaires! Si ça peut t'aider, il y a un petit résumé en haut à droite, de toute façon, sur la Lune c'est le bazar, les aliènes n'arrêtent pas de mettre leur grain de sel partout (mais c'est pas autant le bazar que sur la Terre, championne de la galaxie en la matière),
kanivô poatred,